Mampu - Un Aperçu

Une exploitation agroforestière durable

Multiplication des ressources et sécurité alimentaire

Mampu représente aujourd'hui une exploitation agricole durable d'environ 8000 hectares à environ 140 km de Kinshasa en République Démocratique du Congo (RDC). L'exploitation est repartie en parcelles de 25 hectares et exploitées par plus de 300 familles issues d'horizons humbles divers et formées à cette fin. Cette exploitation repose sur une technique agroforestière innovante qui associe la culture de produits vivriers avec celle de l'acacia. Cette approche permet, notamment, de préserver la fertilité des sols sans avoir besoin de recourir à un labour mécanique et d'offrir une plateforme à partir de laquelle une production durable de charbon de bois, de maïs et de manioc peut être extraite.


Une organisation communautaire

Au service de la production, de l'entretien et de la commercialisation

La sédentarisation des exploitants qui accompagne ce type de mise en culture permet, par ailleurs, d'explorer des possibilités de diversification des activités agricoles comme cela l'a été avec l'introduction réussie de l'apiculture. De surcroît, celle-ci oblige la population concernée à s’organiser en structure communautaire afin de gérer leurs activités de production et de commercialisation de façon plus optimale, de reconnaître l'importance de l'entretien des infrastructures communautaires et d'établir les bases qui leur permettront de pérenniser leur sécurité alimentaire ainsi que celle des grandes villes avoisinantes qu’ils achalandent tout en planifiant pour l'avenir.


Protection de l'environnement

Une protection des sols et de l'air

La solution d'agroforesterie qui a été mise en place repose sur les propriétés fertilisantes de l'acacia. En effet, en tant que légumineuse, l'acacia fertilise le sol en azote par ses racines. Cette particularité représente un élément central de la pratique culturale utilisée. Celle-ci se décline en une première étape d'abattage contrôlé des arbres et de leur transformation en charbon de bois. Un brûlage des surfaces pour fournir le traitement à la chaleur dont nécessitent les graines d'acacia tombées au sol pour germer est ensuite effectué. Les surfaces ainsi libérées sont désormais riches en matière organique en raison de la présence préalable de la forêt et de débris de charbon. Elles feront l'objet lors de la première année d'une mise en culture parallèle de vivriers et de jeunes acacias. Ces derniers continueront à pousser lorsque le terrain sera laissé en jachère surveillée.

Cette pratique permet tout d'abord de maintenir de façon durable la fertilité des sols dans une région de savane sablonneuse a priori peu propice à l'exploitation agricole. Par ailleurs cette approche permet aussi de garantir le renouvellement de la forêt sur le moyen et long terme grâce à son cycle qui repose sur une période de jachère pendant laquelle de jeunes acacias peuvent atteindre maturité tout en faisant l'objet d'une surveillance afin de réduire les risques d'incendie. Enfin, ce processus se déroule entièrement dans le cadre d'un cycle d'émission de carbone neutre.